Le pastoralisme c’est quoi ?
Le pastoralisme représente l’ensemble des activités d’élevage qui valorisent, par un pâturage extensif, des ressources fourragères spontanées issues des espaces naturels communément appelés « parcours ». Les éleveurs conduisent leurs troupeaux sur ces parcours et se déplacent tout au long de l’année en fonction des ressources disponibles en nourriture et en eau.
Activité ancestrale sur le Ventoux, le pastoralisme est un important vecteur de biodiversité grâce à l’entretien des milieux ouverts, contribuant à la mosaïque des milieux dans les massifs. Il joue un rôle majeur dans la construction des paysages du territoire, dans la lutte contre les incendies et dans la préservation de la biodiversité.
Le pastoralisme dans le Mont-Ventoux
Sur le territoire, on compte 27 éleveurs pastoraux implantés, ainsi qu’au moins 5 éleveurs venant passer l’hiver. La majorité d’entre eux se consacre à la production ovine destinée à la viande, à l’exception de 6 éleveurs produisant du lait pour la fabrication de fromage. Une grande partie des éleveurs ovins partent en estive pour l’été. Ils pratiquent ce qu’on appelle la “transhumance”.
Le troupeau moyen par exploitation est de 400 brebis, avec trois troupeaux dépassant les 1 000 brebis. Deux éleveurs sont engagés en production caprine laitière, à Brantes et Savoillan. Le territoire accueille environ 10 000 à 10 500 brebis et près de 300 chèvres sur les espaces pastoraux (prairies et forêts). Certains éleveurs intègrent traditionnellement quelques chèvres au sein de leur troupeau de brebis. Le nombre d’éleveurs est stable, voire légèrement en déclin.
La majorité des éleveurs du territoire utilisent des parcours boisés en milieux forestiers, et pratiquent ainsi ce qu’on appelle le sylvopastoralisme. Ces espaces offrent à la fois des zones ombragées pour les troupeaux, appréciés pour la “chôme” (pause des bêtes en journée) et des ressources alimentaires complémentaires lors des périodes plus chaudes.
Les prairies et zones ouvertes sont également des milieux d’intérêt, façonnés par les troupeaux et favorisant une diversité végétale propice à la biodiversité (pollinisateurs, orchidées, zones de chasse pour les rapaces, etc.).
Enfin, sur le territoire se développe le vitipastoralisme, qui consiste à faire pâturer les troupeaux, principalement en hiver, dans les parcelles viticoles, participant à l’entretien des inter-rangs et à un enrichissement des sols, tout en renforçant les synergies entre élevage et viticulture.
Toute l’année les troupeaux sont accompagnés de chiens de protection, communément appelés Patous.
Pour en savoir plus sur les chiens de protections et connaître les comportements à adopter, c’est ICI
Le Parc et le pastoralisme, des projets en cours !
Pour suivre l’évolution de la végétation et adapter les pratiques pastorales face aux changements climatiques
Quels sont les impacts du changement climatique sur le pastoralisme et la biodiversité ? Préoccupés par cette vaste question, plusieurs éleveurs, bergers, chercheurs, pastoralistes et agents du Parc naturel régional du Mont-Ventoux et du Parc naturel régional du Luberon participent au programme Alpages Sentinelles.
Ce dispositif étudie les évolutions de la végétation, du climat et des troupeaux pour comprendre et anticiper les effets du changement climatique sur nos alpages.Piloté à l’échelle des Alpes par l’INRAE, ce programme se déploie aujourd’hui sur une quarantaine d’alpages à travers toutes les Alpes !
Vidéo réalisée avec le soutien financier de la Région Sud et l’Etat dans le cadre du dispositif Natura 2000 et en partenariat avec le CERPAM, l’ONF et l’INRAE (Réalisation vidéo : Sébastien Cotterot – AMDA Production)
Plus d’informations sur Alpages Sentinelles : https://www.alpages-sentinelles.fr/
Glossaire « les mots clefs du pastoralisme »
Agnelage : Mise bas chez la brebis
Caprins : Chèvres
CERPAM : Centre d’Études et de Réalisations Pastorales Alpes Méditerranées.
Aire de répartition : zone géographique où une espèce vivante est présente.
Estive : pâturage d’été en montagne
Extensif : L’élevage extensif est un mode d’élevage économe en ressources qui ne recherche ni une forte productivité individuelle par animal, ni par unité de surface.
Ovins : Moutons
Ressources fourragères spontanée : Nourriture naturelle disponible non produite par l’homme (herbes, arbres, arbustes…)
Parcours pastoral : Réseau de zones de pâturages

